L’idée est-elle parfaite et accomplie ou en continuel devenir ?

Prenons l’Idée de téléphone portable : si elle existe là, quelque part, le portable « réel » doit en être une copie inaboutie et imparfaite, mais qui tient tout de même de l’Idée de portable; que serait cette Idée ? Appareil qui permet la communication vocale à distance et l’envoi de messages écrits. Pour ses débuts. Mais avec les progrès de la technologie, le portable aussi « évolue ». Maintenant il permet la communication visuelle, l’envoi de mails ou photos. Pendant cette évolution, que fait l’Idée du portable ? Change-t-elle ? Se modifie-t-elle ? Si elle était fixe, elle contredirait la réalité des faits et ne pourrait plus être la représentation parfaite de l’objet réel mais seulement son image imparfaite. Si elle est en devenir, c’est qu’elle ne peut pas exister avant que la chose représentée existe… Il apparaît donc que ce n’est pas l’objet qui est la représentation de l’Idée mais bien l’Idée qui représente l’objet avec toutes ses particularités et aussi avec ses évolutions possibles ou déjà existantes. L’idée d’une essence des objets devient ainsi difficilement concevable non pas parce que les objets ne naîtraient pas de l’idée, mais parce que l’idée change avec les objets. Comment croire alors qu’il y aurait un monde des Idées, un monde immuable, parfait, éternel etc. ?

Le mal

« Le mal n’est pas l’autre mais cette partie sombre que chacun porte en lui-même. »

Il serait facile de croire que ce qui va mal dans le monde est le résultat du comportement des autres. Mais cela n’amènerait que plus de confusion, d’incompréhension et d’accusations. Il est nécessaire de reconnaître que chacun porte en soi les racines de l’injustice. Cette nécessité se double de l’impossibilité de changer les autres. Le seul être que nous pourrions vraiment changer c’est nous-même. Et c’est aussi pour cela qu’il faut s’y concentrer. Tout tentative de changer les autres pourrait devenir autoritaire et irrespectueuse de leur autonomie. L’échec de cette tentative se révélera, tôt ou tard, souvent par des révoltes violentes et irrationnelles. On ne peut s’occuper des autres, dans ce sens. La responsabilité du changement leur revient, ils doivent être seuls à bord.