Une pensée juste est une pensée qui peut s’exprimer librement devant les personnes qu’elle concerne

– il ne s’agit pas de dire que tout ce qu’on pense est forcément juste. Imaginons que je craigne une personne que je n’aime pas et que j’aimerais insulter mais je n’ose pas par lâcheté. Ce que je lui dirais dans ce cas serait juste le résultat de ma peur et non ma véritable pensée. Et pourquoi ai-je peur ? Parce que la vérité blesse ? Non pas, mais parce que l’intolérance blesse, parce que l’injustice et l’insulte blessent. Beaucoup de personnes sont capables de nous écouter même quand on parle (mais respectueusement) de leurs défauts. mais celui qui a des pensées racistes n’osera pas les exprimer devant un groupe d’étrangers. Il le fera dans le cadre de la famille, là où il sait qu’il ne risque pas grand-chose. or, lui-même sent que s’il n’ose pas s’exprimer devant les étrangers c’est parce que quelque chose ne va pas dans sa pensée. Aucun étranger ne se fâcherait si on lui disait bienvenue et si on s’intéressait à son histoire…

– ainsi on peut vérifier si ce qu’on pense est juste. Si je suis raciste, il y a des pensées que je cacherai devant certaines personnes. Certes, nous pouvons cacher certaines pensées pour ne pas faire de mal, mais une pensée juste et pleine de bons sentiments blesse rarement.

– nous cachons souvent ce dont nous avons honte. Et si nous avons honte c’est parce que nous savons que ce que nous pensons est contraire à certains principes de justice, tolérance etc

L’idée est-elle parfaite et accomplie ou en continuel devenir ?

Prenons l’Idée de téléphone portable : si elle existe là, quelque part, le portable « réel » doit en être une copie inaboutie et imparfaite, mais qui tient tout de même de l’Idée de portable; que serait cette Idée ? Appareil qui permet la communication vocale à distance et l’envoi de messages écrits. Pour ses débuts. Mais avec les progrès de la technologie, le portable aussi « évolue ». Maintenant il permet la communication visuelle, l’envoi de mails ou photos. Pendant cette évolution, que fait l’Idée du portable ? Change-t-elle ? Se modifie-t-elle ? Si elle était fixe, elle contredirait la réalité des faits et ne pourrait plus être la représentation parfaite de l’objet réel mais seulement son image imparfaite. Si elle est en devenir, c’est qu’elle ne peut pas exister avant que la chose représentée existe… Il apparaît donc que ce n’est pas l’objet qui est la représentation de l’Idée mais bien l’Idée qui représente l’objet avec toutes ses particularités et aussi avec ses évolutions possibles ou déjà existantes. L’idée d’une essence des objets devient ainsi difficilement concevable non pas parce que les objets ne naîtraient pas de l’idée, mais parce que l’idée change avec les objets. Comment croire alors qu’il y aurait un monde des Idées, un monde immuable, parfait, éternel etc. ?

Le mal

« Le mal n’est pas l’autre mais cette partie sombre que chacun porte en lui-même. »

Il serait facile de croire que ce qui va mal dans le monde est le résultat du comportement des autres. Mais cela n’amènerait que plus de confusion, d’incompréhension et d’accusations. Il est nécessaire de reconnaître que chacun porte en soi les racines de l’injustice. Cette nécessité se double de l’impossibilité de changer les autres. Le seul être que nous pourrions vraiment changer c’est nous-même. Et c’est aussi pour cela qu’il faut s’y concentrer. Tout tentative de changer les autres pourrait devenir autoritaire et irrespectueuse de leur autonomie. L’échec de cette tentative se révélera, tôt ou tard, souvent par des révoltes violentes et irrationnelles. On ne peut s’occuper des autres, dans ce sens. La responsabilité du changement leur revient, ils doivent être seuls à bord.