Les « anarchistes », la police et la délinquance

Malgré tous ses attraits, il y a quelque chose de profondément gênant dans la pensée anarchiste telle qu’elle s’affiche sur internet (je ne parle pas des théories développées dans des livres sérieux), au détour d’une dispute ou comme arme pour cataloguer ceux qui « font partie du système » : dans tous les débats et tous les articles que j’ai faits et lus je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui critique la délinquance (je parle de la petite surtout, car dénoncer les banquiers ça y va). Les « anarchistes » sont systématiquement plus enclins à critiquer la police (qui est censée assurer la paix sociale…) qu’ils ne le sont à critiquer la petite délinquance qui est, elle aussi, responsable d’un certain malaise et d’une impression d’insécurité. Mais quoi, un policier serait-il, par défaut, plus dangereux pour la liberté qu’un petit délinquant ? Je sais, avec un certain paternalisme, on excuse le petit délinquant qui n’a pas eu une vie facile mais on est incapable « d’excuser » le policier qui tente de faire son travail (et qui a fini par avoir ce travail parce que, peut-être, il n’a pas eu une vie facile non plus). Et je dis « on excuse » la petite délinquance, ça, c’est quand on ne l’encourage pas avec, en arrière-plan, l’hypocrite excuse de « c’est pour combattre le capitalisme ».

Il ne s’agit pas de faire un concours pour savoir qui du policier et du petit délinquant (qui peuvent se confondre dans la même personne d’ailleurs…) est « pire » ou « meilleur ». Il s’agit de savoir quelles sont les valeurs de l’anarchisme et d’être cohérent. Certes, le système policier n’est pas toujours des plus démocratiques. Mais la petite délinquance l’est encore moins. Pourquoi ne pas traiter les deux sujets de manière objective ? Pourquoi ne pas critiquer les deux tant qu’on y est ? Tant qu’on ne critique pas la petite délinquance j’ai toujours l’impression que cette occultation vient non pas de vrais anarchistes mais d’esprits adolescents en manque de rébellion qui, sous prétexte d’anarchisme, s’opposent à des règles établies par d’autres mais ne s’empêchent pas de frauder, voler, tricher, c’est à dire de ne vivre que d’après leurs règles. Une société doit avoir des règles communes (et justes) qui doivent être respectées autant que possible. C’est parce que les règles ne sont pas respectées que la police est nécessaire (et justifie elle-même son existence) et c’est parce que les règles ne sont pas respectées que la police outre-passe ses droits. Qu’elle soit policière (donc systématique ou individuelle) ou privée (elle peut aussi être systématique – les bandes – ou individuelle), il faut dénoncer la délinquance. Ne dénoncer que celle de la police me semble pour le moins être le résultat d’un rapport très ambigu à la loi et au droit.

Zoophilie ? oh non ! Zoophagie ? oh oui !

Zoophilie : amour excessif des animaux qui porte souvent à avoir des relations sexuelles avec ceux-ci.

Zoophagie : régime alimentaire basé sur la consommation d’animaux.

Notre société punit (http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?idArticle=LEGIARTI000006418952&cidTexte=LEGITEXT000006070719) les relations sexuelles avec un animal car elle part du principe que celui-ci n’est pas consentant. Le viol qu’il subirait ainsi lui serait nuisible et le législateur veut l’en protéger. Et le législateur a raison car nous ne pouvons en aucun cas nous assurer du consentement de l’animal en question.

Notre société, par contre, ne punit pas la zoophagie qui consiste à enfermer, exploiter et tuer des animaux pour manger leur cadavre. Ainsi, pour le législateur il est plus grave de violer un animal que de le tuer. « Tuez les animaux mais de grâce ne les violez pas ! » semble nous dire la loi. Et, en écho à la loi, beaucoup de nos concitoyens se sentent absolument choqués par le viol d’un animal mais nullement choqués par le meurtre de celui-ci. Or, dans les deux cas, l’animal en question est une victime. Mais, diront les zoophages, nous c’est pour manger, on a besoin de manger. Certes, mais le violeur aussi a besoin de relations sexuelles, c’est son droit. Le fait est que et les uns et les autres peuvent vivre autrement et peuvent s’empêcher de nuire aux animaux.

Dans les affaires humaines, on trouve plus grave de tuer quelqu’un que de le violer. Pourquoi est-ce différent quant aux autres animaux ? Leur vie n’a-t-elle aucune valeur ? Pourquoi quelqu’un qui fait tuer des millions d’animaux par an n’encourt-il aucune peine alors que quelqu’un qui viole un seul risque de se retrouver en prison ? Mieux : pourquoi un esclavagiste (lisez éleveur) qui viole le mouton avant de le tuer et le manger n’est-il inquiété que pour le viol mais nullement pour le meurtre ? Il faudra arrêter l’hypocrisie : il est grave de violer un animal. Il est au moins tout aussi grave de le tuer gratuitement (sauf légitime défense). Que le législateur fasse son travail jusqu’au bout !

Royal canin : communiqué officiel ou presque

Dans l’article précédent je disais que le communiqué de Royal canin était probablement (fort probablement) hypocrite et j’affirmais vouloir le modifier pour le rendre conforme à la réalité. Voilà :

« Vous avez (malheureusement) pu être informé d’événements relayés sur les réseaux sociaux et dans d’autres médias concernant le parrainage par Royal Canin de combats associant chiens et ours.

 

Royal Canin condamne toute activité mettant en danger les animaux comme les chiens et les chats et présente ses excuses sans réserve quant au parrainage de l’événement en Ukraine où des combats d’ours ont eu lieu.

 

En tant qu’entreprise dont les fondements sont « Connaissance et Respect des animaux », nous condamnons sans réserve cette pratique odieuse et toute forme de cruauté envers les animaux sauf si les animaux servent de sous-produits pour nos compositions à base de chair animale. Un tel parrainage est contraire à notre politique de protection des animaux qui nous servent à gagner de l’argent (les chiens et les chats).

 

L’association internationale « Quatre pattes » a informé Royal Canin en mai 2013 et cette situation a été immédiatement examinée. A l’époque, sans la vidéo, nous n’avons pu appréhender la nature exacte de cet l’événement tout en espérant que la réalité ne soit pas connue du grand public. Nous avons cependant tenu à rappeler à l’ensemble du personnel commercial et marketing notre politique en matière de bien-être animal et de parrainage et les avons priés de ne pas financer des événements aussi clairement cruels.

 

Cette expérience est dégradante pour Royal Canin mais en aucun cas pour les animaux qui subissent nos agissements ou les combats. Nous tenons à remercier (puisqu’il en va de notre image de marque, donc de nos bénéfices) une fois de plus l’association « Quatre pattes » pour avoir porté à notre attention cette pratique, et ce faisant, nous rappeler que la vigilance dans la mise en place de notre politique de communication et de manipulation est primordiale. Nous travaillons en collaboration permanente avec tous nos partenaires pour prévenir la cruauté envers les chiens et les chats. Plus précisément, Royal Canin travaillera dans un avenir proche à améliorer le bien-être des ours et des chiens ukrainiens impliqués dans ce type de combats mais ne s’opposera pas aux combats eux-mêmes.

 

La politique du bien-être animal de Royal Canin est très claire: nous nous opposons vivement à toute activité qui pourrait mettre en danger la santé de l’animal (pour nous il n’y a qu’un seul animal ! qui est le chien-chat), altérer son espérance de vie, son bien-être ou son mode de vie en captivité chez les humains. Quant aux autres animaux dont les cadavres morcelés remplissent les boîtes alimentaires que nous vendons, nous leur disons merci et nous encourageons tout le monde à ne pas du tout voir l’incohérence de nos actes. Cette politique couvre bien entendu toute opération marketing ou commerciale car c’est grâce au lavage de cerveau que nous pouvons maintenir la population dans le spécisme le plus total.« 

Royal canin, plus hypocrite que moi tu meurs ?

La nouvelle sur le parrainage par Royal canin des combats d’animaux s’est vite répandue. L’entreprise a finalement décidé de prendre ses responsabilités et a publié ce communiqué clair. Clair ? Enfin, pas si on veut bien le lire…

Je voudrais citer la fin du court communiqué : « La politique du bien-être animal de Royal Canin est très claire: nous nous opposons vivement à toute activité qui pourrait mettre en danger la santé de l’animal, altérer son espérance de vie, son bien-être ou son mode de vie. Cette politique couvre bien entendu toute opération marketing ou commerciale. »

Et maintenant, essayons de décrypter ce langage vague et creux.

1. « Bien-être animal » : c’est, dans la cause animale, une façon polie et politiquement valorisante pour dire que nous souhaitons exploiter et tuer les animaux, mais dans la douceur.

2. « […] nous nous opposons vivement à toute activité qui pourrait mettre en danger la santé de l’animal, altérer son espérance de vie, son bien-être ou son mode de vie. »

Sur le « mode de vie » : à partir du moment où les chiens et les chats vivent sous la dépendance des humains (ces derniers les font se reproduire, les vendent et les utilisent comme bon leur semble), il est difficile à dire que cela n’altère pas le mode de vie de ces animaux. En effet, que choisissent-ils dans tout cela ? Choisissent-ils leur lieu de vie ou leur famille d’accueil ? Choisissent-ils leur nourriture ou leurs loisirs ?

Sur « la santé, l’espérance de vie, le bien-être » : n’importe quelle personne avec un peu de curiosité sait que les élevages « d’animaux de compagnie » ressemblent souvent à des camps de torture et que la santé de millions d’animaux n’est pas du tout assurée par les humains. Je ne sais pas s’il y a des études sur l’espérance de vie, mais vu le nombre d’animaux abandonnés et qui vivent comme ils peuvent dans des villes inadaptées, je ne crois pas qu’elle soit grande. Quant au « bien-être », qui peut assurer que ces millions d’animaux sont heureux de vivre parmi nous, en captivité (car c’est bien de cela dont il s’agit) ?

Mais il ne faut pas oublier la chose la plus importante : Royal canin dit se préoccuper des animaux. Je demande ce qu’il y a dans les boîtes et leur site est clair là-dessus :

1. Boîte Junior : Composition: Viandes et sous-produits animaux, céréales, huiles et graisses, sous-produits d’origine végétale, substances minérales.Additifs (au kg)Additifs nutritionnels: Vitamine D3: 118 UI, E1 (Fer): 6,5 mg, E2 (Iode): 0,2 mg, E4 (Cuivre): 1,9 mg, E5 (Manganèse): 2 mg, E6 (Zinc): 20 mg.Additifs Analytiques (%): protéines: 9, matières grasses brutes: 6, cendres brutes: 1.5, cellulose brute: 1, humidité: 80

2. Boîte Adult Beauty : Composition: Viandes et sous-produits animaux, céréales, sous-produits d’origine végétale, substances minérales, huiles et graisses.Additifs (au kg)Additifs nutritionnels : Vitamine D3: 128 UI, E1 (Fer): 15 mg, E2 (Iode): 0,25 mg, E4 (Cuivre): 2 mg, E5 (Manganèse): 4,4 mg, E6 (Zinc): 43 mg.Constituants analytiques (%): protéines 9.6, matières grasses brutes: 6.4 , cendres brutes 2, cellulose brute 2, humidité 74

3. Boîte Adult light : Composition: Viandes et sous-produits animaux, céréales, sous-produits d’origine végétale, substances minérales.Additifs (au kg)Additifs nutritionnels: Vitamine D3: 90 UI, E1 (Fer): 11 mg, E2 (Iode): 0,2 mg,E4 (Cuivre): 1,5 mg, E5 (Manganèse): 3,3 mg, E6 (Zinc): 33 mg.Constituants analytiques (%): protéines: 9, matières grasses: 2.7, cendres brutes: 1.4, cellulose brute: 2.5, humidité: 78.

J’arrête là ? Mais comment ça ? Royal canin s’oppose «  vivement à toute activité qui pourrait mettre en danger la santé de l’animal, altérer son espérance de vie, son bien-être ou son mode de vie » mais vend des boîtes à l’intérieur desquelles il y a des morceaux de cadavres d’animaux (sans dire lesquels) ? Ces animaux-là, rentrent-ils dans la politique du bien-être animal à la sauce Royal canin ? Apparemment non. Ainsi, je propose de modifier ce communiqué qui est soit hypocrite soit aveugle (je vote pour la première option) et je vous livre la modification dans un nouvel article : https://mouvementvegan.wordpress.com/2013/07/30/royal-canin-communique-officiel-ou-presque/