L’Animal n’existe pas

Il y a, dans le monde, et suivant les estimations, environ 50.000 espèces animales vertébrées et plus de 7 millions si on inclut les invertébrées. Mais restons sur les vertébrées, car ce sont elles que nous appelons généralement « animaux ». 50.000 espèces donc, évidemment, des centaines de milliards d’individus à l’intérieur de ces espèces. Et j’inclus les animaux « d’élevage ». Un être humain n’est même pas capable de retenir le nom de ces 50.000 espèces particulières, et encore moins de les connaître un tant soit peu. C’est peut-être une des raisons qui font qu’en parlant des autres animaux, les humains disent « l’Animal ». Bah oui, ça évite d’élargir son champ de vision et de trop rentrer dans des détails qu’on ne maîtrise pas. « L’Animal » représente 50.000 espèces animales et des centaines de milliards d’individus. « L’Animal » est le même dans tous ces individus, ils sont tous « Animal ». Mais le fait est que « l’Animal » n’existe pas, ce n’est qu’un mot spéciste vide de sens. On ne peut englober cette richesse de 50.000 espèces sous un terme aussi vague et ridicule. « L’Animal », quel « Animal » ? La baleine ? Le chat ? L’éléphant ? Le poulet ? Le cheval ? C’est tous des « Animal » ? Ils sont tous identiques ? Ils ont tous un point commun nommé « Animal » ? Et c’est quoi ce point commun (à part notre ignorance des différences) ? Le fait qu’ils ne soient pas « humains » sûrement. C’est un profond réflexe spéciste que de nommer « l’Animal » 50.000 espèces d’animaux différents et uniques dans leur genre. Quand nous disons « l’Arabe », « le Noir », « l’homosexuel », « la femme » etc. c’est réducteur, raciste, homophobe ou sexiste. Quand nous disons « l’Animal » nous avons un langage spéciste, même si on se prend pour le plus grand défenseur de la cause animale qui ait jamais existé. Le spécisme est partout, y compris dans notre langage. Pour le combattre, il faut modifier notre langage de telle sorte à ce qu’il corresponde à la riche réalité et qu’il ne soit plus le reflet de l’idéologie spéciste qui ne fait qu’une distinction sommaire entre les animaux.

« L’Animal » n’existe pas, il n’y a que des animaux, tous uniques et tous différents.

Et pourtant…

Vous avez aimé leur style littéraire, ils et elles vous ont fait rêver. Leurs noms sont William Shakespeare, Oscar Wilde, Louis Aragon ou bien Paul Verlaine. Leurs noms sont George Sand, Virginia Woolf ou bien Colette. Ils et elles étaient bisexuels, bisexuelles, homosexuels et homosexuelles. Et pourtant vous êtes homophobe.

Vous avez aimé leurs chansons qui vous ont fait vibrer. Leurs noms sont Whitney Houston, Mariah Carey, Cesaria Evora, Édith Piaf ou Patricia Kaas. Et pourtant vous êtes sexiste.

Vous avez aimé leur humour et ils vous ont offert des moments de détente. Leurs noms sont Gad Elmaleh, Pascal Légitimus, Jamel Debbouze ou Coluche. Et pourtant vous êtes raciste.

Vous avez pleuré de joie ou de tristesse en lisant leurs histoires ou en les côtoyant. Leurs noms sont Bambi, Némo, Tom et Jerry, Caliméro ou bien Médor, Margueritte ou Tigrou. Et pourtant vous êtes spéciste.

Dites-moi, vous ne trouvez pas qu’il y a une incohérence logique là-dedans ?

De l’utilisation des cadavres d’animaux dans les manifestations

Depuis quelques années fleurissent (à ma connaissance, en Espagne et en France) les manifestations qui consistent à tenir dans les bras des animaux morts pour dénoncer le système qui les tue. Je vois à cela plusieurs objections.

1. On peut se demander dans quelles conditions les animaux sont récupérés et si leurs dépouilles ne risquent pas de transmettre une quelconque maladie soit aux passants soit aux militants eux-mêmes.

2. Où finissent ces animaux après la manifestation ?

3. D’un point de vue symbolique maintenant, est-ce acceptable et pertinent de se servir de leurs corps morts pour promouvoir leurs droits ? Le but (affiché ou caché) c’est d’en finir avec le système spéciste qui traite les animaux comme des objets à notre disposition et qui ne respecte ni leur dignité, ni leurs désirs, ni leur liberté, ni leur vie. Ce système est basé sur une distinction entre les humains et les autres animaux, une différence de traitement qui fait qu’on accepte pour les uns ce qu’on n’accepterait pas pour les autres. Les manifestants qui portent dans leurs bras les corps d’animaux morts veulent, en principe, l’égalité de traitement parce qu’ils considèrent que les animaux nonhumains devraient avoir les mêmes droits et la même dignité que les animaux humains. Or, et c’est là le problème, en agissant ainsi les militants ont eux-mêmes un traitement différencié. En effet, il ne viendrait à l’esprit d’aucun militant pour les droits des enfants de ramasser des corps d’enfants morts et de les exposer sur la place publique pour attirer l’attention des passants et les sensibiliser. Mais apparemment il n’y a pas de problème à le faire avec les animaux. Est-ce parce qu’on n’a pas le même respect et parce que, ne serait qu’inconsciemment, on ne les considère pas vraiment comme nos égaux à tel point que l’on puisse, par dignité, respecter même leur cadavre et ne pas nous en servir, fût-ce pour un but affiché comme noble ? Si nous voulons que les animaux nonhumains soient respectés au même titre que les animaux humains nous devons, sur des sujets fondamentaux, leur appliquer le même traitement. Car, honnêtement, que répondrait un militant si on lui demandait « Trouveriez-vous normal de faire cela avec un enfant ? » ou bien « Pourquoi est-ce acceptable de le faire avec un lapin mais pas avec un humain ? » ? Je crois qu’il serait bien contrarié et qu’il n’oserait pas aller au bout de sa logique.

Les animaux nonhumains méritent qu’on respecte leur cadavre, même si pour nous, inconsciemment ou pas, ils ne sont pas supposés avoir une interprétation symbolique de la mort. Nous devons faire comme s’ils en avaient, nous devons les traiter en égaux.

Connaissez-vous le carnisme ?

http://quebec.huffingtonpost.ca/martin-gibert/connaissez-vous-le-carnisme_b_4086196.html

La zoophilie est incompatible avec le véganisme et avec le respect des animaux

Une « grande » association française pour la défense des animaux s’est dernièrement prononcée pour la zoophilie (pour peu que les animaux non-humains soient d’accord et qu’il n’y ait pas de violence). Je donne à qui le veut la preuve, mais pour l’instant je ne le fais pas publiquement, car on va encore me dire que je tire sur l’ambulance, et je suis un peu sensible en ce moment… Enfin.

Qu’est-ce que la zoophilie ? C’est la relation sexuelle avec un animal. Comment et dans quelles conditions pourrait-elle avoir lieu ? Comment pourrions-nous nous assurer du consentement éclairé de l’animal (des animaux) en question ? Et, dans le cas contraire, comment l’animal (les animaux) en question pourraient-ils déposer plainte ? Cette association, qui relaie le welfariste (on peut tuer les animaux mais gentiment) Peter Singer considère que la zoophilie est acceptable à partir du moment où les animaux non-humains sont les égaux des animaux-humains. S’il suffisait de cela, on pourrait aussi autoriser la pédophilie car les enfants humains sont égaux en droits fondamentaux aux adultes humains. Sauf que, et c’est ce qui compte, les enfants humains n’ont pas le discernement nécessaire pour faire ce genre de choix. On part du principe que les animaux non-humains non plus, puisqu’on ne pourra pas en avoir la certitude qu’ils l’aient. Tout humain qui a une relation sexuelle avec un animal abuse de cet animal et rien ne peut prouver le contraire.

Les conditions : pour avoir une relation sexuelle avec un animal, il faut que l’animal soit « à disposition » car il n’y a pas de lieux de rencontre zoophiles. L’animal est donc, en principe, la propriété de l’humain en question. Normalement, ceux qui défendent les animaux s’opposent à ce que ceux-ci soient des propriétés ou à ce qu’ils soient à la disposition des humains. Si les animaux ne sont plus nos propriétés, comment les rencontrerons-nous pour avoir des relations sexuelles avec ? Et quand nous les rencontrerons, quelle preuve aura la justice que l’acte n’a pas été forcé ? Si les animaux sont libres, une rencontre fortuite entre un animal-humain et un animal non-humain pourra donner lieu à une relation sexuelle. Pour prouver que cet animal n’a pas subi un viol, que fera la justice ? Elle traquera tous les animaux libres et les inspectera ? Vous voyez, cela est donc ridicule. Nous ne pourrons avoir aucune assurance que les animaux non-humains veuillent avoir des relations sexuelles avec nous et que cela leur fait du bien. Par conséquent, autoriser cela c’est les exposer à toute sortes d’abus. L’association et l’auteur qui prennent position en faveur de la zoophilie ne sont pas, dans ce cas, en train de défendre les animaux non-humains mais de préparer un stock de victimes sexuelles aux humains zoophiles.

Je prie cette association de refuser publiquement que le viol zoophile soit considéré comme une relation sexuelle entre adultes consentants.

Au Mouvement végan et à Leur vie ne nous appartient pas nous nous opposons fermement à toute forme de zoophilie et d’utilisation des animaux non-humains.

Ce n’est pas une menace, j’ai passé l’âge, mais une promesse : sans parti pris clair et sans ambiguïté contre la zoophilie (fût-elle « douce ») de la part de cette association je lancerai une pétition publique avec preuve à l’appui pour la forcer à revenir sur ses propos irresponsables et profondément spécistes.

A bientôt

Royal canin : communiqué officiel ou presque

Dans l’article précédent je disais que le communiqué de Royal canin était probablement (fort probablement) hypocrite et j’affirmais vouloir le modifier pour le rendre conforme à la réalité. Voilà :

« Vous avez (malheureusement) pu être informé d’événements relayés sur les réseaux sociaux et dans d’autres médias concernant le parrainage par Royal Canin de combats associant chiens et ours.

 

Royal Canin condamne toute activité mettant en danger les animaux comme les chiens et les chats et présente ses excuses sans réserve quant au parrainage de l’événement en Ukraine où des combats d’ours ont eu lieu.

 

En tant qu’entreprise dont les fondements sont « Connaissance et Respect des animaux », nous condamnons sans réserve cette pratique odieuse et toute forme de cruauté envers les animaux sauf si les animaux servent de sous-produits pour nos compositions à base de chair animale. Un tel parrainage est contraire à notre politique de protection des animaux qui nous servent à gagner de l’argent (les chiens et les chats).

 

L’association internationale « Quatre pattes » a informé Royal Canin en mai 2013 et cette situation a été immédiatement examinée. A l’époque, sans la vidéo, nous n’avons pu appréhender la nature exacte de cet l’événement tout en espérant que la réalité ne soit pas connue du grand public. Nous avons cependant tenu à rappeler à l’ensemble du personnel commercial et marketing notre politique en matière de bien-être animal et de parrainage et les avons priés de ne pas financer des événements aussi clairement cruels.

 

Cette expérience est dégradante pour Royal Canin mais en aucun cas pour les animaux qui subissent nos agissements ou les combats. Nous tenons à remercier (puisqu’il en va de notre image de marque, donc de nos bénéfices) une fois de plus l’association « Quatre pattes » pour avoir porté à notre attention cette pratique, et ce faisant, nous rappeler que la vigilance dans la mise en place de notre politique de communication et de manipulation est primordiale. Nous travaillons en collaboration permanente avec tous nos partenaires pour prévenir la cruauté envers les chiens et les chats. Plus précisément, Royal Canin travaillera dans un avenir proche à améliorer le bien-être des ours et des chiens ukrainiens impliqués dans ce type de combats mais ne s’opposera pas aux combats eux-mêmes.

 

La politique du bien-être animal de Royal Canin est très claire: nous nous opposons vivement à toute activité qui pourrait mettre en danger la santé de l’animal (pour nous il n’y a qu’un seul animal ! qui est le chien-chat), altérer son espérance de vie, son bien-être ou son mode de vie en captivité chez les humains. Quant aux autres animaux dont les cadavres morcelés remplissent les boîtes alimentaires que nous vendons, nous leur disons merci et nous encourageons tout le monde à ne pas du tout voir l’incohérence de nos actes. Cette politique couvre bien entendu toute opération marketing ou commerciale car c’est grâce au lavage de cerveau que nous pouvons maintenir la population dans le spécisme le plus total.«