Stand « Leur vie ne nous appartient pas » le 26 mai à Orléans

Nous serons présents ce samedi 26 mai à partir de 14h30 sur la place de la République (librairie Chapitre) à Orléans.

Stand « Leur vie ne nous appartient pas » le 3 mars à Orléans

Nous serons présents ce samedi 3 mars à partir de 14h sur la place de la République (librairie Chapitre) à Orléans.

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Arrivés avec du retard, comme de vrais professionnels que nous sommes, nous n’avons pas regretté cet après-midi. Et cela se confirme encore et toujours : les personnes qui viennent nous voir sont souvent assez à l’écart du groupe social majoritaire, que ce soit par leur façon de penser, de vivre, de ressentir… Nous pourrions les appeler des marginaux ou des décalés, toujours dans le bon sens du terme. Car, comme je disais à une jeune femme, c’est elle qui est « normale » dans le sens où refuser de tuer les animaux devrait être la norme et non l’exception. Quelques végétariens dans ces personnes venues nous voir, dont une personne de Nancy qui a pris acte du terme de « véganisme ». A part deux groupes (une famille et deux jeunes femmes) assez réfractaires et fuyants (ils viennent parler mais ne veulent pas reconnaître l’incohérence de leurs propos : « tuer » et « aimer », « exploiter » et « respecter », « sauvegarder les espèces » et « les consommer » et ainsi de suite) les passants venus nous voir ont été plus que réceptifs et d’accord sur le fond : exploiter et tuer les autres espèces animales, alors que nous pouvons largement nous en passer, est une injustice injustifiable.

Quelques photos avec un appareil peu performant : http://www.flickr.com/photos/66366822@N03/sets/72157629508705091/

Avec le temps…

Va, tout s’en va. Nous ne sommes qu’un instant dans « l’éternité ». Une poussière d’étoiles, un organisme insignifiant dont rien et personne ne se rappellera dans quelques centaines d’années. Souvent dans encore moins de temps. Et qu’aura été notre petite vie ? Qu’aurons nous laissé ? Du néant. « Chaque pas dans la vie est un pas vers la mort » disait Cioran. Quoi de plus vrai ? Nous venons du néant, jetés dans l’existence, obligés de la supporter, pour retourner ensuite dans le même néant. C’est peut-être inutile comme question, mais pourquoi ? Pour quoi ? (Je parle ici dans une perspective plutôt agnostique, voire athée). Pourquoi cette absurdité qu’est la vie ? N’est-on pas comme Sisyphe dont parle Camus, qui était condamné à monter sur la montagne une grosse pierre pour la voir à chaque fois retomber ? Et cela à l’infini.

Quoi de plus absurde ? Quoi de plus inutile à l’univers qu’une vie d’homme ? Quoi de plus ridicule que nos quêtes d’argent, de succès voire d’amour ou d’amitié ? Quoi de plus ridicule que nos vêtements, nos voitures, nos bâtiments, nos livres ? On se précipite tous dans le néant et de ce qui aura été plus rien n’aura de sens. C’est là la réalité de l’existence. Créez, tout sera détruit. Espérez, tout s’évanouira. Aimez, tout sera oublié. Vivez, tout sera inanimé. Comment vivre avec cette peur presque quotidienne ? Tout ce qu’on fait n’est-il pas pour se divertir dans le sens pascalien du mot et pour se voiler la face ? Mais la mort et le néant (j’ai peut-être fait un pléonasme) sont là, derrière chacun de nos gestes et plus on essaie de les couvrir, plus ils apparaissent dans toute leur froideur. « Tu es vivant aujourd’hui, tu seras mort demain et encore plus après-demain » chantait Aznavour. Pensez à vous, un petit être sur cette planète dans un univers immense (voire illimité d’après certaines théories…).

D’après la théorie du Big-bang, l’univers  aurait 15 milliards d’années. D’après cette même théorie, il serait en expansion. Finira-t-il par se contracter ? Et si oui, combien de fois ce processus a-t-il eu lieu ? Supposons que l’éternité existe. Ainsi il a pu y avoir une infinité de Big-bang (ou plutôt il y aura une infinité car on ne peut pas parler de l’infini au passé). Vous, moi, faisons partie d’un de ces processus répétitifs. (N’oublions pas que je ne fais que supposer). On a peut-être pu exister une autre fois et on existera encore peut-être. Mais on ne le saura pas. Et si tout, à un grand intervalle de temps, se répétait indéfiniment ? Ne revenons-nous pas au héros de Camus ? Quoi de plus absurde : cette répétition vide de sens ou l’unicité (tout aussi vide) de l’existence ? Ne vous sentez vous pas petit dans tout cela ? Voyez vous un vrai sens à votre existence dont seulement quelques personnes sont au courant ? Quel est le rôle d’une fourmi dans l’univers ? Et d’une feuille d’arbre ? Et d’une fleur ? Et de l’homme ? Aucun précisément.

 

     « Vivons puisque la vie n’a pas de sens ! » disait par ailleurs, Cioran. Oui le néant nous attend, oui la mort nous fait peur, oui la vie est absurde, oui l’existence est contingente, oui l’homme est insignifiant au regard de l’univers. Mais « même si l’univers l’écrasait, l’homme  serait encore plus noble car lui, il sait qu’il meurt. »(Pascal) Est-ce le néant, est-ce la mort, est-ce l’absurdité qui nous empêchent de vivre pleinement ? Non, car, comme disait Epicure, « la mort n’est rien pour nous car, quand nous sommes là, elle n’est pas encore et quand elle est là, nous ne sommes déjà plus ». La mort serait absence de sensation. Logiquement donc nous n’avons pas à la craindre. C’est la pensée de la mort qui nous fait souffrir. Et sachez que s’il existe une façon de mal vivre sa mort, c’est celle-la : mal vivre sa vie. S’il y a une seule victoire que la mort peut avoir sur nous c’est de nous détruire l’existence, en nous guettant à chaque coin de rue, à chaque geste, à chaque projet, à chaque espoir. La mort doit être là seulement pour nous rappeler de ne pas oublier de vivre. « Profitez, soyez heureux tant que vous le pouvez » paraît-elle nous dire. « Tu ne peux pas arrêter ce jour, mais tu peux ne pas le perdre » rappelait une inscription latine. Ne nous faisons pas plus de mal que nécessaire. Le néant n’est pas là. On vit « au milieu de l’extraordinaire ». Rien n’est banal, tout est merveilleux. Et la beauté est surtout dans l’instant. Qui serait heureux de manger 24h sur 24 ? Qui serait heureux de faire l’amour toutes les demi-heures ? Sans dire qu’il n’y a pas de bonheur sans malheur, il faut reconnaître qu’un bonheur trop long et presque inchangé deviendrait banalité. Le divers est vie, l’éternel est néant. La vie est merveilleuse car elle est à chaque fois nouvelle.

Essayons de voir quel miracle nous sommes en train de vivre : il y a quelques dizaines d’années, nous étions néant (représentons ce néant par une ligne droite). D’un coup, nous sommes apparus dans la vie, qui coexiste avec le néant (représentons la vie et l’univers sous une forme ovale, comme le ballon de rugby). Nous sommes maintenant dans cette immensité et au milieu du merveilleux. Nous, qui venons du néant, nous avons de quoi nous émerveiller. Le néant qui nous suit est encore une ligne droite après le « ballon ». Voyez-vous, le temps qui précède notre « entrée » dans l’Univers et surtout celui qui la suit est immense. Mais le temps d’une vie est encore « plus immense », car il est riche, il est nouveau, il est miraculeux. Le sourire pur d’un enfant, un « je t’aime » sincère, un regard, une pensée, une fleur, un rayon de soleil, un bâtiment, une voiture etc. sont le produit d’au moins 15 milliards d’années d’évolution. Ils n’ont donc rien de banal. La vie n’est pas banale, c’est l’homme qui, malheureux, a projeté son pessimisme sur le monde. Je sais, nous avons tous des problèmes, des malheurs, des peurs. Mais ne les laissons pas détruire cette unique (peut-être) chance d’admirer et de vivre. Nous sommes encore dans le « ballon », nous pouvons encore nous émerveiller. Le jour se lève encore…Profitons de l’existence et nous vaincrons le néant. C’est cela le sens de la vie. Il se résume à la vie. Oui nous allons mourir, oui le malheur existe, oui tout disparaîtra. Mais doit-on ne pas profiter des bienfaits du Soleil parce qu’il disparaîtra dans quatre milliards d’années ? Doit-on ne pas manger aujourd’hui parce que nous aurons faim demain ? Doit-on ne pas être heureux aujourd’hui parce que nous serons malheureux demain ? Non, justement ! C’est parce que le Soleil disparaîtra qu’il faut en profiter, c’est parce que demain nous serons affamés qu’il faut manger quand nous en avons l’occasion, c’est parce que demain nous pleurerons qu’il faut sourire aujourd’hui. C’est parce que la vie finira qu’il faut la vivre. Vivons comme si nous devions mourir demain. Mais non pas d’après la devise « après moi le déluge ». Disons « je t’aime » à quelqu’un qui nous est cher, sourions à un(e) inconnu(e), soyons bienveillants, soyons ouverts, émerveillons-nous. La vie est immense, nous n’avons pas le temps de tout découvrir. Et heureusement. Ne mourrons pas avant terme. Tant que la vie existe, tout est possible. Tant que la vie existe, l’espoir ne doit pas mourir. Il n’y a pas de bonheur sans vie, mais seulement des vies sans bonheur. Dostoïevski a dit « si vous voulez être heureux, soyez-le ». Oui, même si tout n’est pas simple. Le bonheur s’invente. Nous sommes vivants, nous pouvons encore l’inventer. Nous n’essayons jamais tout pour être heureux. Ainsi, ne disons pas « le bonheur n’est pas fait pour moi » mais plutôt « je n’ai pas trouvé la bonne méthode » ou « s’il existe pour d’autres, il existe sûrement pour moi aussi ». Nous allons mourir. Aujourd’hui, demain, dans cinquante ans. Mais avant, vivons. Vivons vraiment. Non pas pour économiser de l’argent, non pas pour acheter beaucoup d’objets, mais pour sentir et s’émerveiller. La banalité est dure à vaincre, mais faisons comme l’enfant qui découvre. Il reste énormément de choses à découvrir. Ce miracle dans le néant, la vie, ne doit pas passer « à côté » de nous. La vie est en nous, laissons-la s’épanouir. L’univers est si grand, le néant si petit. Notre destin est celui-ci, notre bonheur celui-là. Néant. Vie… Néant.

Quel fol oubli de la condition mortelle

(1) Aucun homme ne souffre qu’on s’empare de ses propriétés ; et, pour le plus léger différend sur les limites, on a recours aux pierres et aux armes. Et pourtant la plupart permettent qu’on empiète sur leur vie; on les voit même en livrer d’avance à d’autres la possession pleine et entière. Ou ne trouve personne qui vous fasse part de son argent, et chacun dissipe sa vie à tous venants.

Tels s’appliquent à conserver leur patrimoine, qui, vienne l’occasion de perdre leur temps, s’en montrent prodigues, alors seulement que l’avarice serait une vertu.

(2) Je m’adresserai volontiers ici à quelque homme de la foule des vieillards : « Tu es arrivé, je le vois, au terme le plus reculé de la vie humaine; tu as cent ans on plus sur la tête ; hé bien, calcule l’emploi de ton temps; dis-nous combien t’en ont enlevé un créancier, une maîtresse, un accusé, un client; combien tes querelles avec ta femme, la correction de tes esclaves, tes démarches officieuses dans la ville. Ajoute les maladies que nos excès ont faites; ajoute le temps qui s’est perdu dans l’inaction, et tu verras que tu as beaucoup moins d’années que tu n’en comptes.

(3) Rappelle-toi combien de fois tu as persisté dans un projet; combien de jours ont eu l’emploi que tu leur destinais; quels avantages tu as retirés de toi-même ; quand ton visage a été calme et ton coeur intrépide; quels travaux utiles ont rempli une si longue suite d’années; combien d’hommes ont mis ta vie au pillage, sans que tu sentisses le prix de ce que tu perdais; combien de temps t’ont dérobé des chagrins sans objet, des joies insensées, l’ âpre convoitise, les charmes de la conversation: vois alors combien peu il t’est resté de ce temps qui t’appartenait, et tu reconnaîtras que ta mort est prématurée. »

(4) Quelle en est donc la cause? mortels vous vivez comme si vous deviez toujours vivre.

Il ne vous souvient jamais de la fragilité de votre existence; vous ne remarquez pas combien de temps a déjà passé ; et vous le perdez comme s’il coulait d’une source intarissable, tandis que ce jour, que vous donnez à un tiers ou à quelque affaire, est peut-être le dernier de vos jours. Vos craintes sont de mortels; à vos désirs on vous dirait immortels.

(5) La plupart des hommes disent : A cinquante ans, j’irai vivre dans la retraite; à soixante ans, je renoncerai aux emplois. Et qui vous a donné caution d’une vie plus longue ? qui permettra que tout se passe comme vous l’arrangez ? N’avez-vous pas honte de ne vous réserver que les restes de votre vie, et de destiner à la culture de votre esprit le seul temps qui n’est plus bon à rien ? N’est-il pas trop tard de commencer à vivre lorsqu’il faut sortir de la vie ?

Quel fol oubli de notre condition mortelle, que de remettre à cinquante ou soixante ans les sages entreprise, et de vouloir commencer la vie à une époque où peu de personnes peuvent parvenir!

Sénèque, De la brièveté de la vie

La Rolex de Sarkozy

https://www.youtube.com/watch?v=XnQNe8Q3sv4

Cela fait quelques années que je m’interroge sur le but de la vie humaine, sur les choses à faire, sur celles à éviter, sur le comportement et les idées à adopter etc.
J’étais arrivé à la conclusion que nous avons, en tant qu’êtres rationnels, un devoir, un seul : celui de rechercher inlassablement à être justes. Quels que soient nos moyens et nos forces, nous avons tous la capacité de nous améliorer et de marcher, même en boitant, sur le chemin de la justice, le seul digne d’un être rationnel.
Mais voilà qu’en quelques secondes  toutes mes certitudes se sont effondrées… La cause, dans la vidéo qui suit. Oublié Kant et sa volonté bonne, oublié Aristote et sa vertu, oubliés Epicure, Sénèque, Socrate leurs examens de nos vies et leurs remises en cause perpétuelles, oublié Sartre et sa liberté, oublié Schweitzer et sa bonté, oublié Krishnamurti et sa paix intérieuere, oubliés, tous !!! Et remplacés admirablement par Séguéla et la Rolex de Sarkozy ! Mais oui, voilà le but, le vrai, le transcendant, l’ultime, de la vie : avoir une Rolex avant 50 ans. Séguéla merci (je sais, l’expression c’est « dieu merci! » mais Séguéla est mon nouveau maître à penser, mon nouveau dieu, la convergence de toutes mes aspirations spirituelles et philosophiques) je suis encore jeune et j’ai le temps de l’avoir cette Rolex, ce soleil qui guidera désormais mes pas. Ni l’ombre, ni les tempêtes, ni autres vicissitudes de la vie ne me détourneront de cette aspiration hautement élevée. Rolex, j’ai ton image à jamais gravée en moi et je n’aurais de cesse de te poursuivre jusqu’à ce que tu sois à moi, à moi, à moi !
« Heureux les posseurs de Rolex car le Royaume des cieux leur appartient ! » (Séguéla, 5:3)
« Il est plus facile à une Rolex de passer par le trou d’une aiguille qu’à un possesseur de Swatch d’entrer dans le Royaume de Dieu. » (Séguéla 19:24)  Amen!
Il reste néanmoins une question à laquelle mon guide spirituel, que dis-je, notre guide spirituel, a omis de répondre (je t’en conjure maître, ne nous laisse pas dans l’ignorance!) : que fait-on
après avoir acquis la Rolex ???