« La parité, ça fait un peu partouze straight. »

« La parité, ça fait un peu partouze straight. Dix-sept femmes pour dix-sept hommes. Un homme par femme. Et donc une femme par homme. Du coup, personne ne se retrouve sans personne. Il était déjà comme ça à l’Ena, François Hollande : bon camarade. Avant, les épouses de ministres étaient tranquilles : il n’y avait presque que des hommes dans le gouvernement. Maintenant, elles ont du souci à se faire, surtout avec les canons dont s’est entouré Jean-Marc Ayrault [..] »

 

Bah oui, nous sommes dans la société de la vitesse et Monsieur a voulu, dans l’analyse, être plus rapide que les autres. Il a plutôt bien réussi, mais, dans sa grande vitesse, il est aussi passé trop vite sur la profondeur, qu’il a d’ailleurs renversée. Nul besoin d’être profond quand on veut juste faire du buzz, me direz-vous. Mais là où Monsieur est moins performant c’est sur la perception de la réalité car il juge encore la compétence sur un critère sexuel ; et là où Monsieur est bien en retard c’est sur l’évolution des droits des femmes (en même temps, on peut le comprendre, il doit se sentir un peu seul car une femme libre n’accepterait pas de partager sa vie avec lui) ; et là où Monsieur est jaloux c’est sur le fait que « même » une femme (voire plusieurs) ait réussi à aller plus loin qu’il ne serait allé en plusieurs vies, si le karma existait ; pourtant, Monsieur a raison sur un point : ces femmes sont belles, c’est d’ailleurs pour cela, que, plein de rage, il s’en prend à elles : elles le fascinent et lui font peur en même temps ; il leur en veut de ne lui accorder aucune attention ; pourtant, lui aussi possède (probablement) l’organe masculin nécessaire pour être Ministre ; mais, la vie étant ainsi faite, ce seront les 17 autres organes qui, d’après sa paranoïa lubrique, recevront les faveurs des belles.

Allons, Monsieur, ne soyez pas triste, il y aura bien un(e) pigiste en manque d’idole qui, dans son désespoir, laissera tomber ses yeux sur vous.

 

_______________________________________________________________________

Je choisis de ne pas nommer les personnes qui tiennent ces propos, tout simplement pour éviter de leur faire de la publicité.

Midway – ou comment l’irresponsabilité tue les oiseaux

Conférence sur le véganisme

Cette conférence a été enregistrée le 16 avril 2012 à l’Université du temps libre de Pithiviers.
Je remercie les organisateurs, qui ont été très agréables et accueillants mais aussi le public et les personnes qui m’ont accompagné.
Et j’espère que la mauvaise qualité de la vidéo ne vous empêchera pas de saisir l’essentiel.

Plan et bibliographie (appuyez pour télécharger le Pdf)

Pour qui voter ?

Vous avez décidé d’aller voter car vous croyez que cet acte peut changer la vie de la société. Je pars du principe que vous avez raison et je fais une liste qui pourra aider certains à se décider. Ces critères sont au-delà de toute idéologie, ce sont des critères de bon sens que n’importe quel(le) candidat(e) devrait appliquer, quel que soit leur programme politique. Alors, pour qui voter ?

1. Pour la personne la plus cohérente

C’est peut-être la qualité la plus importante. Quoi de plus ridicule qu’une femme ou un homme politique qui n’applique dans sa vie presque rien de ce qu’elle ou de ce qu’il dit ? Des candidats riches qui affirment vouloir combattre la pauvreté ? Des candidats qui ont plusieurs mandats cumulés qui prétendent combattre le cumul des mandats ? Des candidats vivant dans le luxe qui prétendent être là pour le peuple ? Celui qui n’applique pas dans sa vie les principes qu’il veut que le peuple applique, celui qui dit une chose et vit le contraire, n’est pas digne de confiance.

2. Pour la personne qui milite auprès du peuple

Comment prétendre vouloir le bien du peuple quand on ne le côtoie jamais (sauf au moment des visites furtives et électorales dans des usines ou des écoles) et quand on ne le soutient jamais sur le terrain, dans le froid, la chaleur, la pluie et le vent ? Affirmer comprendre le peuple ne suffit pas.

3. Pour la personne qui est proche du peuple

Quel(le) candidat(e) promet une sorte de « portes ouvertes » au peuple ? Combien de difficultés doit surmonter un citoyen pour voir, face à face, le représentant qu’il a mis en place lui-même, représentant qui devrait être au service de tous les citoyens ? Quel(le) candidat(e) promet de recevoir les citoyens ? Combien de candidats ont des amis parmi le peuple ? Combien dînent avec des gens du peuple, combien vont en vacances avec eux et aux mêmes endroits ? Sans côtoyer les gens, comment font-ils pour les connaître, grâce aux statistiques ? Les citoyens ne sont pas des chiffres…

4. Pour la personne qui œuvre pour le bien commun

Quel(le) candidat(e) propose des réformes dans l’intérêt du plus grand nombre de citoyens ? Quand on se fait le représentant d’une partie de la population, celle qui vote pour nous, nous ratons notre rôle qui est d’assurer un mieux être pour tous.

5. Pour la personne qui a un profond respect pour tous

Le respect des autres est simple à déceler… Le langage, les regards, les gestes, les mimiques… Qui montre du mépris, de la condescendance, du refus ? Un représentant du peuple doit respecter tous ceux qui l’ont élu mais surtout ceux qui ne l’ont pas élu.

6. Pour la personne qui ne veut pas le pouvoir

Cela peut paraître paradoxal, mais il ne faut jamais avoir confiance en quelqu’un qui veut le pouvoir. Celui qui veut le pouvoir, vit pour cela et en est aveuglé. Et surtout, veut le garder. Alors qu’un vrai représentant du peuple est contre le pouvoir, ou bien il ne le veut que pour le rendre à ceux qui doivent le détenir, les citoyens.

7. Pour la personne qui ne dit pas « Je » mais « Nous » et surtout « Vous »

Trop parler à la première personne ne présage rien de bon en politique. On finit ainsi par oublier les autres, leurs envies, leurs besoins et on leur impose notre vision.

8. Pour la personne qui ne calque pas ses idées sur l’opinion publique

Cela peut paraître contradictoire avec le fait d’être à l’écoute du peuple, mais en réalité il s’agit d’être intègre et de croire profondément en ce que nous disons. Changer, oui, quand nous nous rendons compte que nous nous sommes trompé, mais osciller non, suivre la mode, non.

9. Pour la personne qui n’a pas de conseillers en communication

Ces conseillers apprennent aux candidats comment marcher, comment se tenir, comment parler, quels gestes faire, comment s’habiller, comment regarder… D’autres, leur écrivent les discours, et dictent ainsi leurs pensées. Ainsi, nous ne savons plus à qui nous avons affaire. Nous avons devant nous des acteurs, plus ou moins bons, et c’est sur ce critère que nous leur offrons notre confiance.


Définition de quelques termes de la cause animale

Abolitionnisme exclusif: dans le contexte de la cause animale, approche philosophique et politique qui demande l’abolition totale et sans concessions de toutes les formes d’exploitation des animaux et l’interdiction de considérer ceux-ci comme des propriétés. Le véganisme est, dans ce sens, une manière pratique d’affirmer des idées abolitionnistes.

Abolitionnisme inclusif : dans le contexte de la cause animale, approche philosophique et politique qui demande l’abolition totale de toutes les formes d’exploitation des animaux et l’interdiction de considérer ceux-ci comme des propriétés mais compte y arriver en passant par des mesures welfaristes. Les abolitionnistes inclusifs peuvent, par exemple, faire la promotion des œufs venant de poules élevées à l’extérieur (donc pas en cage) tout en affirmant que l’élevage est, en lui-même, spéciste et contraire aux droits inhérents des animaux.

Bien-être (ou welfarisme) : dans le contexte de la cause animale, approche philosophique et politique qui affirme qu’il faut réglementer l’exploitation des animaux de telle sorte que celle-ci soit plus douce mais aussi plus rentable économiquement et en termes d’image. Le welfarisme ne remet pas en cause l’idée que les autres espèces animales sont inférieures à la nôtre et doivent servir nos intérêts (même les plus futiles). Il affirme, tout au contraire, que leur exploitation est normale et morale, une fois que les cas les plus graves de maltraitance ont été évités.

Inhérent : « ce qui vient avec ». Est inhérent tout droit qu’un être acquiert par le fait même de naître et d’être ce qu’il est. Par exemple, un animal sentient possède la capacité de souffrir (psychiquement) et de sentir la douleur (physiquement) de par sa constitution même, indépendamment d’autres critères qu’il pourrait acquérir au cours de son existence. Ainsi, cette capacité inhérente à sa nature lui offre un droit inhérent au respect de sa vie, de sa liberté et de son intégrité physique et psychique.

Sentience : capacité, pour un être, d’avoir des ressentis physiques (douleur, sensations diverses, plaisir etc.) et des ressentis psychiques (émotions, volontés, désirs, pensées etc.).

Spécisme : idéologie qui affirme que certaines espèces ont plus de valeur morale que d’autres. Généralement, dans ce classement hiérarchique, l’espèce humaine a la première place. Ainsi, est aussi spéciste une pensée qui affirme, par exemple, que les chiens ont plus de valeur inhérente que les porcs donc qu’ils doivent être mieux protégés et plus respectés que ces derniers. Le spécisme est une discrimination par l’espèce qui n’est basée sur aucun critère pertinent.

Véganisme : c’est l’opposé du spécisme, son antinomie. Le véganisme affirme que toutes les espèces animales sentientes (et tous les individus de toutes ces espèces) sont égales (égaux) en valeur inhérente et qu’aucune ne doit être au service de l’autre. Le véganisme considère tous les individus sentients comme égaux en droits fondamentaux (droit à la vie, à la liberté, à la recherche de son bien, à ne pas se faire exploiter et maltraiter, à ne pas être la propriété de quelqu’un). Il interdit donc toute hiérarchie de valeur basée sur des critères non-pertinents. Mais quels sont les critères pertinents ? Ces critères sont appelés ainsi car ils ont un rapport avec la valeur reconnue d’un être. Par exemple, avoir la peau blanche n’est pas un critère pertinent pour être protégé de la maltraitance. Par contre, ressentir la douleur est un critère pertinent par rapport à cette protection. De même, avoir des poils ou des plumes, quatre pattes ou un cerveau d’une certaine taille ou bien appartenir à une espèce particulière ne sont pas des critères pertinents permettant de discriminer l’individu en question et de lui reconnaître moins de valeur inhérente.

Végétalisme : régime alimentaire exclusivement basé sur des produits d’origine végétale.

Les héros de Rodilhan et la disparition de la corrida

Le 8 octobre 2011 est une date clé dans l’histoire de la corrida en France. A cette date, des femmes et des hommes, militants pacifiques et non-violents jusqu’au sacrifice, ont montré, une fois de plus, de quel côté étaient la dignité et la justice.

Ces militants, introduits dans l’arène de Rodilhan, ont senti sur leur peau (au sens propre) la « culture » des aficionados. Entre les protagonistes de la violence physique et les instigateurs de celle-ci, il n’y a eu, à Rodilhan, aucune différence. Entre le Maire (oui, le Maire) de la ville et le commerçant lambda, entre la police et un éventuel hors-la-loi, il n’y a eu, à Rodilhan, aucune différence. Car tous, quelles que soient leur position et leurs responsabilités, ont eu un même état d’esprit : aucune pitié pour les militants puisque ces militants, par pitié pour les taureaux, voulaient gâcher l’horrible spectacle. Les coups, les insultes, les attentats à la pudeur et les crachats ont coulé avec la même intensité que le sang des taureaux massacrés après l’expulsion des militants.

La « culture » des aficionados a montré, sous les caméras, son vrai visage haineux, lâche et violent. Comment nous faire croire que les toréadors luttent d’égal à égal avec le taureau quand les aficionados sont capables de frapper des militants enchaînés (donc incapables de se défendre) et non-violents (donc opposés à la violence) ? Comment pourront-ils, ces défenseurs du crime, continuer à affirmer que les militants sont violents ? Quelle excuse trouvera le législateur pour justifier ces actes qui découlent directement de cet apprentissage de la violence qu’est la corrida ? Qui a pu croire qu’apprendre à tuer nous rendait pacifique et civilisé ?

Le 8 octobre 2011, à Rodilhan, la civilisation a été violentée, conspuée, détestée. Ce jour, la non-violence a montré sa force profonde. Pendant 20 minutes, la lâcheté a librement déferlé, sous les yeux complices des forces de « l’ordre » mais la conviction des militants et leur dignité immense ont été au dessus de la bassesse de leurs opposants. Avec chaque coup reçu, avec chaque insulte subie, avec chaque crachat essuyé, les militants n’ont fait que s’élever tandis que leurs agresseurs s’abaissaient. S’il est facile d’expliquer et qualifier l’attitude des aficionados (car la bassesse est toujours simple), il est par contre impossible de caractériser l’attitude des militants. Comment décrire avec des mots le fait de sacrifier jusqu’à son corps pour défendre des êtres innocents ? Comment analyser avec des phrases la dignité qu’il faut avoir pour ne pas perdre de vue l’objectif et rester calme et respectueux tandis que la violence se déchaîne contre soi ? Il n’y a pas de description possible mais un seul mot, un mot qui éclaire cette attitude : héros. Ces militants sont des héros.

Le 8 octobre 2011, à Rodilhan, il y a eu 95 héros opposés à des centaines d’hommes ordinaires. Ces héros doivent rentrer dans l’histoire de la ville de Rodilhan et dans l’histoire de la cause animale.

Le 8 octobre 2011 marque un tournant décisif dans la lutte contre l’abomination qu’est la corrida. Ce jour scelle le début de la fin de cette torture publique. Il y a un avant Rodilhan et un après Rodilhan. Ce jour, les aficionados ont montré au monde entier qu’ils n’ont rien de beau à offrir à l’humanité et encore moins aux animaux. Après Rodilhan, aucun gouvernement, aucun responsable politique ne pourra affirmer que la corrida est une culture. Le pacifisme et l’éducation à la civilisation, valeurs dont les aficionados se targuaient jusque-là, ne sont plus que des mots vides. Pire, ce sont des mensonges, des manipulations évidentes, des techniques de propagande.

Le 8 octobre 2011 Rodilhan a montré à la France entière que la corrida appartenait à un autre monde, un monde que la loi combat, un monde de haine, de violence et de sang. Ce monde ne doit plus exister sur le territoire français. Notre gouvernement, si attaché aux valeurs humaines, n’a plus aucune raison d’autoriser la corrida. Nous savions que pour les animaux, elle était une torture. Les héros de Rodilhan ont montré qu’elle l’était pour les Hommes aussi.

Il est temps que les politiques montrent un peu de courage (je dis « un peu » car ils ne risquent rien de grave, eux) et fassent appliquer la loi car c’est pour cela que nous les payons. Il est temps qu’ils se mettent au service du peuple et non du pouvoir et de l’argent. Il est temps qu’ils prennent en considération les vraies valeurs, celles que les héros de Rodilhan leur ont enseignées : la dignité, la non-violence, la force de caractère, le sacrifice, l’amour des autres, la justice, le don de soi.

Le 8 octobre 2011 une scissure absolue s’est créée entre deux mondes : celui de l’héroïsme et celui de la médiocrité. La France et l’État français sont maintenant obligés de choisir. Il n’y a pas de juste milieu, il n’y a pas de moyen terme, il n’y a pas de chemin de retour. Il faut désormais choisir entre la civilisation et la barbarie absolue. Si nous ne suivons pas les héros, qui suivrons-nous ?

Le 8 octobre 2011 Rodilhan a eu l’honneur d’accueillir 95 héros. Sa plus grande erreur a été de les avoir expulsés. Mais en même temps que les héros, elle a chassé la légitimité de la corrida.

La corrida touche à sa fin alors que les héros sont désormais éternels.

PS : album photo ici.