De l’utilisation des cadavres d’animaux dans les manifestations

Depuis quelques années fleurissent (à ma connaissance, en Espagne et en France) les manifestations qui consistent à tenir dans les bras des animaux morts pour dénoncer le système qui les tue. Je vois à cela plusieurs objections.

1. On peut se demander dans quelles conditions les animaux sont récupérés et si leurs dépouilles ne risquent pas de transmettre une quelconque maladie soit aux passants soit aux militants eux-mêmes.

2. Où finissent ces animaux après la manifestation ?

3. D’un point de vue symbolique maintenant, est-ce acceptable et pertinent de se servir de leurs corps morts pour promouvoir leurs droits ? Le but (affiché ou caché) c’est d’en finir avec le système spéciste qui traite les animaux comme des objets à notre disposition et qui ne respecte ni leur dignité, ni leurs désirs, ni leur liberté, ni leur vie. Ce système est basé sur une distinction entre les humains et les autres animaux, une différence de traitement qui fait qu’on accepte pour les uns ce qu’on n’accepterait pas pour les autres. Les manifestants qui portent dans leurs bras les corps d’animaux morts veulent, en principe, l’égalité de traitement parce qu’ils considèrent que les animaux nonhumains devraient avoir les mêmes droits et la même dignité que les animaux humains. Or, et c’est là le problème, en agissant ainsi les militants ont eux-mêmes un traitement différencié. En effet, il ne viendrait à l’esprit d’aucun militant pour les droits des enfants de ramasser des corps d’enfants morts et de les exposer sur la place publique pour attirer l’attention des passants et les sensibiliser. Mais apparemment il n’y a pas de problème à le faire avec les animaux. Est-ce parce qu’on n’a pas le même respect et parce que, ne serait qu’inconsciemment, on ne les considère pas vraiment comme nos égaux à tel point que l’on puisse, par dignité, respecter même leur cadavre et ne pas nous en servir, fût-ce pour un but affiché comme noble ? Si nous voulons que les animaux nonhumains soient respectés au même titre que les animaux humains nous devons, sur des sujets fondamentaux, leur appliquer le même traitement. Car, honnêtement, que répondrait un militant si on lui demandait « Trouveriez-vous normal de faire cela avec un enfant ? » ou bien « Pourquoi est-ce acceptable de le faire avec un lapin mais pas avec un humain ? » ? Je crois qu’il serait bien contrarié et qu’il n’oserait pas aller au bout de sa logique.

Les animaux nonhumains méritent qu’on respecte leur cadavre, même si pour nous, inconsciemment ou pas, ils ne sont pas supposés avoir une interprétation symbolique de la mort. Nous devons faire comme s’ils en avaient, nous devons les traiter en égaux.

Tabac, la conspiration – retenez votre souffle

 

Ou comment nous faire croire que nous sommes libres de choisir

La cigarette n’est pas qu’une affaire personnelle : elle concerne notre entourage et, plus loin, l’humanité entière. Ceux qui fument ne font pas du mal qu’à eux-mêmes mais contribuent directement à enrichir des criminels, des mafioso et à perpétuer cette industrie du crime. Le problème, pour ceux qui achètent le tabac, est aussi moral en plus d’être sanitaire.
La légalité de la cigarette est un paradoxe grave de notre société mais sans les acheteurs, ces tueurs d’enfants, de femmes, d’hommes et d’animaux (à travers les tests par exemple) n’auraient plus aucun pouvoir. Leur pouvoir vient des fumeurs.
Ils s’enrichissent et tuent des dizaines de millions de personnes et nous les payons pour le faire. Enlevons-leur ce pouvoir de nuisance, cessons de leur donner notre argent.