Oiseau, cage, liberté

« Un seul oiseau est en cage et la liberté est en deuil. » Jacques Prévert

Farid, le Français le plus cohérent

Vous vous rappelez de Farid Ghilas, cet homme qui, pour « s’amuser », a jeté un chat contre un mur. Son acte, filmé par un complice, a provoqué une indignation légitime qui, si on met de côté son racisme (si Farid avait été un blanc bourgeois de Neuilly, cela n’aurait pas provoqué autant de remous…) et son hypocrisie, a été bien normale. Pourquoi hypocrisie ? Qu’a fait Farid ? Il a fait ce qu’il avait envie, et il a fait cela pour son plaisir personnel, sans aucune nécessité vitale. Il a agressé un animal innocent sans aucune justification autre que son envie. Et c’est en quoi cet acte est cohérent avec la vie de Farid dans l’ensemble. Car que doit faire Farid dans l’ensemble ? Il doit acheter du cuir, des produits testés sur les animaux, il doit manger de la viande ou du lait et peut-être assister à des courses de chevaux. Toutes ces choses il les fait pour son plaisir, par envie. Et la conséquence de son plaisir c’est des centaines d’animaux torturés ET tués rien que pour lui. La question est : si Farid, pour son plaisir, fait torturer et tuer des vaches, des poulets, des chevaux… pourquoi n’aurait-il pas le droit de torturer lui-même un chaton ? Alors, en torturant ce chaton Farid est resté cohérent avec l’ensemble de ses actes. Contrairement aux centaines de milliers de gens qui se sont indignés pour le chaton tout en oubliant qu’eux mêmes, pour leur plaisir, faisaient tuer plein d’autres animaux. Ces gens-là sont incohérents car ils pleurent pour un chaton et font tuer d’autres animaux innocents. Mais Farid, lui, est cohérent car il fait du mal ET au chaton, ET aux poulets, ET aux vaches et ainsi de suite. Au lieu de le critiquer, donc, soit on prend exemple sur lui et on devient cohérent dans la nuisance soit on fait le contraire et on est vraiment cohérent dans la bienveillance, c’est à dire qu’on ne pleure pas pour en chaton en croquant dans un poulet…

 

Lâcheté et courage chez les scientifiques

Il y a des savants qui sacrifient les autres (surtout les animaux nonhumains) pour prouver leurs théories et il y a des savants qui se sacrifient eux-mêmes. Devinez lesquels méritent tout le respect ?

Défendre le chaton Oscar c’est bien, défendre TOUS les animaux c’est mal !

oscar chaton extrémiste

Abattoir : endroit où l’on autorise ce que l’on réprime ailleurs

Comme par magie, les quatre murs d’un bâtiment appelé « abattoir » rendent légal et moral ce qui est ailleurs illégal et considéré comme barbare. Si quelqu’un, dans son jardin ou dans un endroit public, étourdit une vache, l’égorge et la dépèce, il provoquera l’indignation et sera sûrement condamné pour cruauté ou trouble à l’ordre public. Mais au fond, il ne sera condamné que parce que cette action a été réalisée dans un cadre non autorisé, contrairement à un abattoir, car un abattoir c’est un endroit qui autorise la violence et le meurtre. Celui qui est violent dans un abattoir est couvert, comme par magie, par ce terme, « abattoir ». Ici, il a le droit de violenter et tuer un animal alors que sur la voie publique, la même personne et le même acte seraient considérés comme « barbares ». C’est pourquoi je considère l’abattoir comme un espace magique car il transforme, comme par enchantement, un acte violent et meurtrier en une « nécessité », une « culture », une « normalité ». Mais l’abattoir, au fond, ne modifie pas l’acte (violenter et tuer sont des faits objectifs, l’animal souffre et meurt dans tous les cas) mais il modifie notre perception de l’acte : ce qui nous indignerait sur la voie publique nous paraît normal dans un abattoir. L’abattoir est un espace de légalisation et de normalisation de la violence et du meurtre.

Que dirions-nous d’une société qui s’indignerait de la violence envers les enfants seulement dans les cas où elle serait publique ? Pire, que dirions-nous si la violence publique envers les enfants était prohibée mais qu’elle serait organisée institutionnellement et pratiquement localisée (« la violence envers les enfants est autorisée dans un espace spécialement dédié »). De même, la violence envers les animaux est autorisée seulement dans des espaces dédiés. Mais quoi, dans ces espaces les animaux auraient-ils moins mal et auraient-ils moins le souci de leur vie en se disant : « Eh, là, au moins, c’est légal, donc je ne dois pas avoir mal et je ne dois pas vouloir vivre ! » ?! Nos lois et nos normes ne rassurent et ne justifient quelque chose qu’à nos yeux, pour les animaux elles n’ont aucun sens et elles ne sont d’aucune consolation. La violence ou le meurtre, légaux ou pas, dans des espaces dédiés ou pas, ne restent pas moins graves et réels. Arrêtons donc de donner plus d’importance à notre perception que nous ne donnons à la réalité et la réalité est cruelle avec les animaux que nous avons le « droit » de tuer (droit que nous nous sommes donné, nous sommes juge ET partie, n’est-ce pas un des critères d’une société totalitaire et d’un comportement arbitraire ?). Ce n’est pas parce que nous cachons l’injustice et le meurtre, ce n’est pas parce que nous leur dédions des espaces que nous sommes moins responsables de leur existence. Fermer les yeux ne fait pas disparaître la réalité, tout au contraire, cela la perpétue.

Les bergers malades du loup – analyse d’une émission spéciste

 

http://www.franceinter.fr/emission-interception-les-bergers-malades-du-loup

 

Mon but n’est pas d’accabler ces personnes qui sont, de tout évidence, dans une grande souffrance. Je veux juste pointer certaines incohérences.

Les propos tenus dans cette émission sont spécistes. Le spécisme c’est une idéologie qui affirme que les êtres humains sont supérieurs aux autres animaux et qui se traduit dans le comportement (exploitation, meurtre) ou dans le langage (on n’utilise pas les mêmes termes quand on parle des humains ou des autres animaux : par exemple on dit qu’un humain fait l’amour par plaisir, alors qu’un autre animal fait l’amour par instinct ou par besoin ; ou bien on qu’une femme accouche alors qu’une vache « met bas »). Pour une définition plus détaillée, voir ici : https://mouvementvegan.wordpress.com/2012/02/27/definition-de-quelques-termes-de-la-cause-animale/

Remarque générale : les chiens qu’on entend ce sont forcément des chiens qui n’ont pas choisi leur sort, dont on se sert et que l’on met en danger (ce sont eux qui sont censés attaquer les loups).

Min 1 : « Ces «éleveurs et ces bergers sont les premières victimes du loup ». Non, les premières et les vraies victimes du loup sont les brebis, qui risquent leur vie. Mais ces brebis sont d’abord les victimes des humains, qui tuent bien plus de brebis en une journée que tous les loups en un an…

Min 4 : « Ça nous a coûté trois brebis et cinq agneaux quoi. Que des brebis pleines avec des agneaux dans le ventre… ». On a affaire ici au langage : on dit que la brebis est « pleine » alors qu’on ne dit pas vraiment ça d’une femme. La brebis est enceinte, tout comme une femme, puisque biologiquement, elle porte son bébé dans son ventre. Ainsi, on utilise un autre langage pour faire croire que le fait n’est pas le même alors que rien ne justifie, biologiquement parlant, cette différence de langage.

Min 8 : « Quand t’as une brebis qui est au tapis ce n’est pas un billet de 100 euros qui est par terre, quoi, c’est une brebis avec son historique… ». Déjà, comparer la brebis à un billet de banque, même pour dire qu’elle n’est pas que ça, est purement et simplement spéciste : cet être est d’abord considéré comme une marchandise. Ensuite, le terme « historique » est peut-être mal choisi, mais on ne dit jamais d’un humain « avec son historique » (sauf pour les crimes ou les problèmes qu’il pose, parlant là de ses actes passés) mais avec son « histoire » : les animaux, les brebis ont une histoire car ils ont une mémoire et une place unique dans leur groupe. Le propre du spécisme c’est de nier la dimension historique (pour le coup) des autres espèces animales. Les animaux aussi ont une histoire et leurs espèces connaissent des évolutions.

Min 11 : « [les bêtes] pour moi c’est comme si c’était mes enfants, les bêtes pour nous c’est des choses qui sont, qui sont, qu’on y est attaché, on soigne ça comme nos enfants quoi ». Je ne pense pas que la personne qui dit ça vende ses enfants à des abattoirs pour qu’ils finissent découpés en morceaux sur des étalages… Cette personne ne prend pas la mesure de ses propos. Ensuite elle dit « c’est des choses »… On n’entendra jamais quelqu’un sain d’esprit dire « pour moi, mes enfants c’est des choses qui sont, qu’on y est attaché… ». Les enfants n’ont pas de prix, les brebis, si ! Donc elles sont traitées d’abord comme des marchandises et leur volonté ne compte pour rien car les humains décident de leur destin. Ce n’est pas cela le respect.

Min 16 : « leur outil de travail a été détruit ». La journaliste parle ainsi des brebis… Cela en dit long sur l’idée que cette personne se fait des brebis. On ne dirait jamais ça d’un professeur dont les élèves ont été pris en otage et tués… Encore une fois, les brebis ne sont que des instruments à la disposition de la volonté et des besoins des humains.

Il serait donc judicieux que ceux qui écoutent cela mais surtout ceux qui font profession réfléchissent sérieusement à leur cohérence et au respect que nous devons aux brebis (et aux autres animaux). Ces gens se plaignent du loup, mais font-ils mieux ? Sont-ils là pour protéger les brebis ou bien pour mieux les tuer ? Si les loups tuent, c’est surtout parce qu’ils n’ont pas le choix. Ce n’est pas le cas pour les humains, qui peuvent choisir une autre vie que celle faite d’exploitation et de meurtre. Les belles paroles ne suffisent pas. Il ne suffit pas de dire qu’on les soigne « comme » si elles étaient nos enfants, alors qu’on les envoie à la mort pour quelques dizaines d’euros… pour justement nourrir nos enfants… Cohérence, cohérence ! Nous, on aime nos enfants, les brebis aussi, les autres animaux aussi. Laissons-les vivre.