Pourquoi les écrivains qui écrivent pour les autres sont-ils appelés des « nègres » ?

Au 17e siècle, le mot « nègre » désignait, par analogie avec le commerce d’esclaves, un homme que l’on faisait travailler très durement et sans respect. Ce terme fut ensuite employé pour nommer quelqu’un effectuant un travail pour le compte d’un autre, qui s’en attribuait le profit.

L’usage du mot fut popularisé par l’écrivain français Alexandre Dumas (1802-1870), auteur de romans célèbres (« Les Trois Mousquetaires », « Le Comte de Monte-Cristo », ou encore « La Tulipe noire »).

Dumas faisait travailler des écrivains anonymes pour l’aider à écrire. Par plaisanterie, il les appelait des « nègres », car il avait lui-même des origines haïtiennes par sa grand-mère. On prête d’ailleurs à son fils le bon mot suivant : « Dumas ? Un mulâtre qui a des nègres ».


Alexandre Dumas photographié en 1855

source : http://www.jesuiscultive.com

Si nous voulons combattre les défauts, commençons d’abord par les nôtres

– il est facile de désigner des coupables : cela a deux effets rassurants 1. la déresponsabilisation personnelle et 2. le détournement de l’attention

– en effet, si c’est la faute des autres, nous n’avons rien à nous reprocher, ainsi aucun sentiment de culpabilité (sentiment qui est généralement désagréable) et surtout aucune remise en question

– détourner l’attention est une manière hypocrite (ou inconsciente) de cacher ses défauts. ici aussi, aucune remise en question…

– si la faute n’était qu’aux autres, comme nous sommes tous l’autre de quelqu’un, cela reviendrait à dire que nous sommes aussi porteurs des défauts qu’on pointe chez les autres

Animaux qui ont des sentiments, de la solidarité et du courage ? La preuve en images

Nous sommes sentiment avant d’être pensée

– ce qui ne veut pas dire que nous pensons seulement après avoir ressenti mais uniquement qu’un sentiment arrive avant d’y pouvoir réfléchir

– si je vois la personne que j’aime la joie que je ressens est là avant que je ne réalise que je suis heureux

– et même si certains disent que les sentiments se traduisent en mots et donc arrivent au même moment que les pensées (et vice versa) il n’empêche que le fait de prendre conscience de ce que nous ressentons est toujours postérieur au sentiment même (que le temps qui les sépare soit de l’ordre des millisecondes peu importe)

– les sentiments nous « tombent » dessus ; tout ce que nous pouvons espérer de faire (surtout dans le cas des négatifs) est d’essayer de les gérer ensuite ; nous ne pouvons pas les gérer en amont, à moins de s’y appliquer intensément longtemps à l’avance

– d’où résulte que personne, jamais, n’est responsable ni ne doit se sentir coupable des sentiments qu’il découvre en lui (qu’ils soient « bons » ou « mauvais ») mais seulement de ce qu’il en fait ensuite 

 

Quand nous critiquons et accusons une personne imaginons-nous à sa place : nous verrons ainsi à quel point nous sommes capables de clémence

– si nous étions un sans-papiers n’aimerions-nous pas être régularisé ?
– si nous commettions une faute n’aimerions-nous pas qu’on nous accorde une deuxième chance (du moins quand nous regrettons notre acte) ?
– il est relativement facile de savoir qu’est-ce qu’il faut faire pour être tolérant : il faut juste essayer de se rappeler que tous ont droit à la même clémence qu’on réclamerait pour soi-même

« La plus grande chute est celle qu’on fait du haut de l’innocence » Peretti